Hercule

Des généreux flancs de douce Alcmène
Et de la volonté de Jupiter, immense et amène
Émergea un demi-dieu, un phénomène
Qui eut pour grand-père le seigneur de Mycènes
Junon, à sa naissance, déjà, jalouse et vindicative,
Eut l’idée d’envoyer deux langues rétives
Tentative nulle, ce dernier prouva se nommer Hercule
Il saisit puis étouffa les deux animalcules
Tirésias, en oracle certain, décrivit le futur du jeune homme
Et ce fut le début de l’éducation du surhomme
Autolycus, de lui enseigner à conduire un char et à lutter
Euryte, roi d’Œchalie, de l’arc lui apprendre tous les tours et les dés
Eumolpe de lui apprendre la musique
Et Linus de lui faire comprendre l’art de la lyre épique
Enfin, Castor et Pollux de lui apprendre la gymnastique
Art bien utile pour un héros en devenir, bientôt macarite,
Puis ce fut le tour du centaure Chiron
De lui apprendre la morale, ô infâme ombon
Un jour, Hercule irrité par le trop d’aigreur
Que marqua à l’endroit d’une faute commise, son précepteur
Frappa le centaure et le tua immédiatement
Dix-huit ans s’étaient écoulés jusqu’à ce jour sanglant
Puis ce choix difficile entre le vice et la Vertu
Deux chemins assez larges tous deux dont un s’affirme obtus
Hercule s’élança sur les pas de la seconde femme
Qu’au détour d’un sentier il vit, la mort dans l’âme
Il prit pour résolution de détruire les monstres qui ravageaient la terre
De tuer brigands et tyrans impies autant que de priver d’air
Les destructeurs de l’humanité et de faire cesser tout ce qui pourrait
Aux progrès de la civilisation montrer un obstacle fort laid
Les douze travaux d’Hercule allaient commencer.

Zac Egs

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The lover under the Moon

Under the quiet and reddish moon
Like a mere and feckless pantaloon
I wrote some poems of my own
Under the russet fabric of my gown
And threw them in this capacious puddle of water
That forms the quintessence of my heart and liver
The hands of the Great Watchmaker’s watch move fast
And I wept, lest she should not come, at last
The lake of indifference is indeed a terrible veil
Into which dive many a person, will they prevail ?
The sea, in its boundlessness and shrillness
Is a much more enticing love witness
Full of mermaids and naiads
Their hands of gold and floss made
And their eyes with garnet are inlaid
Full of maids and subaqueous orchards
Knowing that she was not to come
I wept, for a poet, what a sad and little income.

Zac Egs

Aurore


Dans l’impavide aurore, témoin de nos nocturnes déboires
Le sage, reflétant les étoiles, voit la flamme de l’espoir
Limpide et cependant caligineuse entité, pleine d’austère aménité
La lune, comme absente de l’Empyrée, et le soleil, gage de l’été
Jouent à se cacher l’un de l’autre au sein de l’azur éthéré,
Et les vagues de l’Océan sans rivage luisent au contact de ces astres étrangers
Dans la forêt, ataraxique et numineuse, vivent des êtres aux contours idoines
Les arbres, calames de la Vérité, trempent leurs racines dans ces encres diaphanes
Quintessences des éléments aux teintes verdâtres, balises d’irréméables chemins
Géants smaragdins d’un autre siècle, ligneuses créatures des augustes matins
Se reflètant dans la mer sans fond, perdant leurs feuilles au gré des saisons
Abandonnent à la moins généreuse des créatures, l’homme, leurs aimables moissons
Les monts, quasi isoédriques monuments de la nature, éternels glaives
Abritant faune et flore, mouvement et patience, sang et sève
Vibrent et s’effritent sous la voûte des cieux, impartiaux et jaloux
Et le sage guide le poète durant son terrestre périple, parmi les loups.

Zac Egs

Le monde onirique

Au-delà de l’intention et du doute
Se trouve un monde sans limites ni voûte
Ce monde, sans défauts ni obstacle
Est, à lui seul, tout un étrange spectacle
Lieu sans lieu, instant sans moment
Transcendant émotion et sentiment
Comme à l’orée du visible
Toujours en quête de possibles
Tantôt rassurant de Beauté et de douceur
Tantôt effrayant de Vérité et d’apesanteur
Le monde onirique est le seul où la mort n’est rien
Mystère et fantaisie, gemme des limbes où le temps est tien.

Zac Egs

La Bataille

Quatre vingt-un drapeaux s’érigent contre le Maître des mondes
Moins de quatre cents êtres s’engagent à combattre avant que l’univers ne fonde
Avancent, comme sortis du brouillard des passions, les nobles cavaliers
L’on aperçoit seulement leurs mains et visages, immarcescibles lucioles de Beauté
Puis, de derrière un immense voile de noirceur, arrivent les pâles querelleurs
L’on aperçoit surtout leurs épées scintillantes et leurs grimaces d’une autre heure
S’entremêlent alors les partisans de la foi et les artisans de la fausseté
Les uns de vert et de blanc vêtus, les autres de tissus chamarrés
Leurs sabres s’entrelaçant, comme marchant au-dessus des herbes couleuvre
Laissent apparaître et la valeur des cœurs et les mains et les œuvres
Confabulent tout de go les sombres âmes et les sinistres esprits
Les premières servant les seconds comme le jour suit la nuit
Tombent une à une les oriflammes de la fausseté et des autres vices
Près des cours d’eau éternels, ruisselant en deçà des sacrés édifices
Les mille et un éclats d’une géode d’améthyste jaillissent bientôt du cœur du Juste
Tandis que festoient sur les restes d’autres combattants les couards et les frustes
Qui est le gagnant d’une ardente et sanglante et honteuse bataille ?
Si ce n’est l’ego, construisant entre les hommes de lugubres murailles ?
On ne distingue plus alors que les volutes de fumée des canons
Se lèvent ainsi les oiseaux de l’orgueil et de la volupté, tel le paon
Le Juste est à terre, et déjà se battent ses amis pour savoir qui prendra la relève
Virgile a raison, la mauvaise foi divise les frères, pourtant tous fils d’Adam et d’Ève.

Zac Egs

Le Poète et l’Oiseau de feu

Les yeux péridot du Poète voient s’envoler le Simorgh au petit matin
Vers des contrées où poussent l’olivier, le mûrier et le lin
Le Poète, seul, bienheureux, contemple et médite
Il dépeint ce qui point ne se voit ni ne se délite
L’Oiseau de feu crache d’épaisses nuées de braises
Et ce n’est plus que brouillards, poussières et noèses
Le Poète ne voit plus rien d’autre que le Néant
Vide sans espace, qui terrasse les étants
L’Oiseau de feu a disparu dans l’immensité
Et la Nuit commençante a lancé ses noirs chevaux ailés
À la poursuite des mortes mers et des océans sans rivages
Traversant les terres arides de désespoir, sans images
L’Oiseau de feu passe et vingt palais s’inclinent
Et deviennent quarante, devant leurs plans d’eau opaline
Le Poète, jadis plongé dans l’obscurité des abîmes du moi
Débarrassé de la morale, du culte et du dogme, s’approche du Soi
Les cours d’eau ranins frémissent alors de Vérité
Et les monts, pourtant solides, s’effritent bientôt d’absoluité
L’Oiseau de feu a finalement charmé le Poète
Et tous deux s’unissent, loin des parures du monde, et de cœur et de tête.

Zac Egs

Napoléon

Sanguinaire avatar, produit de la Révolution
Tu fus, pour nous, comme l’ultime illusion
Les Cieux s’ouvraient devant toi promettant toujours victoire
Et les peuples, souvent, te voyant, tremblaient de désespoir
D’île en île, tu sautillais avec aisance
Ayant pour but de conquérir Albion, rêve de ton enfance
Tes griffes acéraines refaçonnèrent l’Europe
Pour un instant, un moment, le temps d’une syncope
Puis ce fut l’agonie, atroce, insoutenable
D’un fou de territoires et d’alcôves, blâmable
De celui qui disait : « Une société sans religion est comme un vaisseau sans boussole.»
D’un tyran sans grands principes ni sainte auréole.

Zac Egs